Hier, le printemps.
Depuis le temps que je l’attendais, celui-là ! Enfin, le soleil sort de sa retraite, le ciel se remet au bleu, les oiseaux chantent de nouveau, l’atmosphère tout entière se charge de
senteurs oubliées…
Bon, je ne vais pas vous faire le coup de la « strophe printanière » — Guillaume IX d’Aquitaine (« Ab la dolchor del temps novel »), Chrétien de Troyes (Le Conte du
Graal) et tout le reste —, mais simplement vous dire que le retour des beaux jours représente pour moi, chaque année, une expérience paradoxale, faite de plénitude et de manque à
être.
Plénitude, à cause d’un sentiment profond d’adéquation de moi au monde et du monde à lui-même.
Manque à être, parce qu’avec le printemps éclate une beauté saisissante — qui transfigure les lieux et les gens même les plus banals et les fait resplendir d’un charme qui ravit et blesse à la
fois — et qui, en exaltant le monde, permet d’entrevoir les prémices d'une vérité qui se situe ailleurs.
Vive le printemps, donc !
Le printemps surtout.
Le printemps malgré tout.
Que cette même lumière illumine et ravive ton coeur, vos coeurs, à l'image de la métamorphose printanière du blog !